Réponse aux catholiques troublés par le scandale des prêtres pédophiles

Publié le par François Champel

Bien sûr, il est naturel que la découverte et la mise au grand jour du scandale d’un certain nombre de prêtres ayant pratiqué la pédophilie, provoque un grand trouble chez les catholiques que nous sommes.

Voici, à mon avis, quelques idées à ne jamais oublier

1 - D’abord, il faut reconnaître les faits (les prêtres pédophiles et les religieuses abusées par des aumôniers - et, sans doute, tant d’autres actions infiniment regrettables - probablement encore inconnues…). Il y a évidemment lieu d’en éprouver une grande tristesse, motivée, à titre principal, par les dommages psychologiques ayant eu pour effet d’abîmer la vie de beaucoup des victimes de ces actes, et, à titre secondaire pour le mal fait à l’église ;

2 - Même si cette révélation nuit à l’image de l’église catholique, il faut se réjouir qu’elle ait été faite et en remercier le groupe de « la parole libérée ». Toutes les raisons militent en ce sens :

               la vérité doit toujours être faite sur les faits cachés de la société,

               le dévoilement de la vérité, bien trop longtemps cachée,  constitue un acte de justice et, dans une certaine mesure, de réparation à l’égard victimes concernées,

               l’éclatement du scandale qui, à court terme, traumatise profondément les fidèles de l’église catholique, constitue en réalité, une occasion providentielle pour la conduire vers une fidélité plus grande à l’égard du Christ.

3 - Ceci dit, il y a lieu de se montrer très vigilant pour éviter de tomber dans certains pièges de la naïveté qui semblent actuellement fonctionner à plein rendement…

Quels sont ces pièges ?

               Commençons par le moins important : il y a d’abord lieu d’éviter de mettre sur un piédestal le groupe le plus actif qui milite de manière toujours plus poussée pour que la vérité éclate auprès d’une proportion de la population de plus en plus élevée… Certes, on a bien eu raison de reconnaître publiquement qu’il avait eu raison de lancer son action de vérité, mais, de là - comme l’a fait un personnage catholique en vue - à aller le féliciter devant les caméras pour son action, il y a un pas, qui ne méritait pas d’être franchi… Il faut savoir en effet reconnaître les qualités de son contradicteur, mais il ne faut pas tomber dans la naïveté de croire que ses intentions soient toujours d’une parfaite pureté parfaite - et que leurs effets soient toujours positifs… En l’occurrence, d’ailleurs comment ne pas voir 1°) qu’une fois la vérité connue par toute la politique population, l’acharnement mis à pousser toujours plus loin les responsables de ces actes (pour laquelle la justice de notre pays pourtant bien mieux renseignée que les parties en présence - n’a pas été capable de trancher) n’apporte absolument rien de plus aux victimes (sauf, peut-être, la satisfaction d’une vengeance - bien compréhensible

 et bien naturelle, mais qui ne les grandit en rien…), 2°) que la poursuite acharnée d’un adversaire déjà condamné - crée un plaisir (pas nécessairement sain…) aux adversaires traditionnels l’église catholique  qui doivent rire et se réjouir sous cape !),  3°) que cette action crée peut-être (peut-être) un plaisir suspect chez leurs protagonistes ( d’abord parce que cela leur permet d’entretenir leur notoriété et l’admiration qu’une partie de la population leur voue ; ensuite, parce qu’il se placent dans un rôle de justicier[UW1] [UW2] [UW3] ,  un rôle qui consiste à vouloir s’élever soi-même - non pas en s’élevant effectivement… mais en abaissant les autres ! (Mécanisme que les psychologues appellent la projection »). Ceci dit, raisonnablement, il n’y a ni à admirer, ni à mettre plus bas que terre les accusateurs, mais à adopter un comportement de prudence, de modestie et de sagesse …

               D’autres pièges sont tendus aux catholiques, dans lesquels beaucoup d’entre eux semblent se précipiter avec la parfaite conviction d’être des juges parfaitement éclairés et justes…

               D’abord, les personnes les plus choquées par le scandale de la pédophilie des prêtres (pardon, de certains prêtres, et, sans doute, d’une petite minorité) et qui, avec cela, accusent - à juste titre ! – l’église catholique de « cléricalisme », font preuve d’un comportement totalement contradictoire : en réalité, en se trouvant désarçonné par ces révélations, ils sont les premiers à faire preuve d’un cléricalisme - dont ils constituent l’exemple le plus éclatant ! En effet ils sont choqués parce que, eux-mêmes, ils ont mis le personnage du prêtre sur un piédestal - du haut duquel ils sont choqués de le voir tomber… (certes, il est infiniment regrettable que les personnages censés montrer l’exemple de la vertu, donnent celui de la négation vécue de son respect… mais si l’on considère les prêtres pour ce qu’ils sont (à savoir, pour nous, qui ne sommes pas des cléricalistes,  des hommes comme tous les autres, il n’y a pas lieu d’être surpris).

               De même, ces quelques prêtres qui démissionnent bruyamment pour protester contre le comportement (réel, supposés, imaginaire, peu importe !) de leurs collègues, font, eux aussi, preuve de cléricalisme (qu’ils démissionnent ! si ça leur fait plaisir, mais sans mettre en avant leur qualité de prêtres : ils ne représentent pas nécessairement plus de lucidité et de vertu que leur paroissien lambda…). De plus, en se singularisant, ils se mettent au-dessus de leurs collègues, ce qui n’est ni conforme ni à la règle de l’humilité, ni à celle de la confraternité, ni, tout simplement à celle de l’intelligence…

               Quant aux chrétiens qui demandent d’être rayés de la liste des baptisés, ils n’ont rien compris. En ce sens, on pourrait dire « bon débarras ! D’ailleurs, le vrai problème de l’église catholique n’est pas celui de la pédophilie de quelques prêtres, mais un autre beaucoup plus grave : celui de la trahison d’un trop grand nombre de laïcs… Pourtant, ne leur disons pas « mais plutôt tant mieux ! » Dirons pas, car il est bien mieux de leur dire : « cessez d’être des cléricaux et tachez d’entrer dans la vraie conscience de ce que veut dire « être chrétien » ! (Quant à ceux qui veulent aller rejoindre le protestantisme, il vaudrait mieux renoncer à à se faire retirer de la liste des baptisés, car, lorsqu’ils se présenteront au temple, on leur demandera leur certificat de baptême - valable aussi bien dans le protestantisme que dans le catholicisme…)

               Passons maintenant au problème relativement voisin : celui de l’homosexualité dans le clergé.  Ceux qui s’étonnent de découvrir l’importance de ces vices au Vatican - et ailleurs - prouvent qu’ils n’ont jamais réfléchi à ce qui devrait pourtant leur paraître comme évident. En effet, un homosexuel d’une famille catholique bien-pensante, trouve dans la prêtrise une solution idéale pour lui : il gagne sur les tous les tableaux : sa maman n’aura pas de rivale, ses parents seront fiers de lui, il ne sera pas encombré (dans sa perspective à lui !) d’une femme à supporter et à satisfaire… il aura autour de lui des collègues masculins et il sera respecté par des paroissiens cléricalistes…. Que voulez-vous rêver de mieux ? Dans ces conditions il est toute à fait prévisible qu’il y ait une proportion plus élevée d’homosexuels dans le clergé que dans l’ensemble de la population. Alors, pourquoi s’en étonner ? (Sinon parce que l’on est stupide, ou cléricaliste, ou les deux à la fois !). D’ailleurs, pour ceux qui partagent les conceptions actuelles sur l’homosexualité (à tort ou à raison - en l’occurrence, là n’est pas la question…), pourquoi s’en offusqueraient-ils ?

               Un livre vient de paraître sous le titre expressif - et bien trouvé - de « Sodoma », dont l’auteur, journaliste à France Culture, nous dit avoir patiemment enquêté sur l’homosexualité dans l’église catholique). Nous lui répondons : « mais pourquoi avoir pris tant de peine et engagé tant de frais, pour essayer de prouver ce que le raisonnement élémentaire que l’on vient de faire ci-dessus permettait de savoir sans se fatiguer ? » Ne jugeons pas ce journaliste : on peut le supposer animé, des meilleures intentions purement professionnelles…, mais contentons-nous de nous en tenir au faits évidents : il a trouvé là, une bonne occasion pour sa publicité de journaliste (et pour l’encaissement de quelques droits d’auteur… mais ne le lui reprochons pas trop, car telle est actuellement la règle d’un grand nombre d’auteurs… Il faut quand même reconnaître aussi qu’il rend service à ceux de ses lecteurs qui éprouvent du plaisir à se vautrer dans la fange des autres… (c’est bien agréable parce que ça donne enfin le sentiment que, dans les comportements personnels inavoués, on est au fond comme les autres - ou supérieur à eux…).

               Mais revenons au problème de l’homosexualité dans le clergé : reconnaître qu’il y a évidemment une proportion plus élevée d’homosexuels que dans l’ensemble de la population, ne veut pas dire - sauf pour les crétins - que tous les prêtres sont homosexuels, ou qu’il en existe une majorité ! (Ne faisons-les pas l’erreur bien connue de l’anglais débarquant en France, qui, voyant une femme rousse, en déduit que toutes les françaises sont rousses !) De plus, ne soyons pas troublés : 1°) respectons les homosexuels, 2°) parmi homosexuels catholiques sincères,  nul ne sait combien parmi eux sont infidèles à leur vœu de chasteté , 3°) quant à ceux qui ont failli à leur engagement sacerdotal, ils sont des pécheurs comme les autres – comme nous - et il faut se rappeler que Jésus a dit qu’il n’était pas venu pour soigner les bien portants, mais pour sauver les pécheurs et les malades. Alors essayons d’être fidèles à Jésus ! Et non pas à nos petites idées mesquines totalement dépourvues de valeur intellectuelle…

               Certains vont répliquer – avec  raison ! - que le plus grave, c’est l’hypocrisie de ceux qui prônent la chasteté. Oui, bien sûr ! c’est grave ! Mais 1°) l’hypocrisie existe partout - chez les croyants aussi bien que chez les incroyants - et il n’y a que les esprits simplistes, qui croient encore qu’il y aurait deux groupes humains : les bons d’un côté et les mauvais de l’autre ! 2°) si une partie des prêtres est hypocrite, tous très loin de là, ne le sont pas ! (Alors là encore pas de généralisation stupide !)

                Quant à moi, j’ai connu beaucoup de prêtres, je veux dire qu’à une époque où la question de la pédophilie était taboue, intuitivement, j’ai toujours su qu’elle existait et, très concrètement, je devinais de quel côté se trouvait chacun de ceux que j’observais. Sans pouvoir donner de pourcentage (ce que personne, bien sûr, n’est capable de faire !), J’estime que la très grande majorité des prêtres écharpent au jugement négatif stupide de trop de chrétiens se qui se sont laissés impressionner par le matraquage médiatique sur cette question.

               Personnellement, les fautes de quelques prêtres ne m’empêchent pas d’avoir une immense considération pour beaucoup de prêtres que je connais et dont j’admire le don admirable de leur vie pour le service du peuple chrétien et celui de Dieu…

               J’ai entendu dire qu’il ne fallait pas regarder la paille dans l’œil sans voir la poutre qui est dans le sien… alors que les chrétiens s’interrogent sur eux-mêmes et qu’ils prient (s’ils en sont capables) dans une attitude d’humilité et d’intelligence. 

               Ne nous décourageons pas : au cours de l’histoire, dans d’autres situations tout à fait semblables - et même pires - l’église a été dirigée par des papes et des cardinaux corrompus, mais elle a toujours survécu et - grâce et fidèles - et non grâce à son clergé –  elle est toujours ressortie plus forte des pires situations qu’elle a connues.

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 P.S. si vous le voulez - et si tout se passe normalement… - à partir de samedi prochain, vous aurez la possibilité de consulter mon nouveau site Internet servirleshommes.servirleshommes.com, dont l’objectif,- celui-là étranger aux préoccupations religieuses - poursuit des objectifs de nature philosophique, anthropologique et politique. (Avec le désir d’une action concrète conçue sans délai d’attente…) En  réalité il s’agit d’une version provisoire (rédigée dans une certaine précipitation) destinée à paraître avant le 1er mai. Cette version sera suivie d’une version beaucoup plus complète qui paraîtra au cours du mois de mai…

Dans  le cas où ces idées correspondraient aux vôtres, peut-être participerez-vous


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Quelque part, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle...

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