Notre responsabilité de chrétiens

Publié le par François Champel

 

Dans un précédent article - au titre provocateur…  – nous avons conclu que, du moins au niveau des apparences, les chrétiens ont moins de responsabilités que les autres dans les malheurs de notre monde… mais nous avons laissé entendre qu’il en allait autrement à celui de la réalité profonde… Voyons ce qu’il en est…

2 - notre responsabilité profonde

En dépit des apparences, parmi tous les hommes, nous, chrétiens, nous portons une responsabilité bien plus grande que les autres dans tout ce qui ne va pas dans le monde. Pourquoi ? Pour deux raisons qui mettent en contradiction nos obligations et nos comportements effectifs…

Nos obligations : la chance que nous avons eue de bénéficier d’une révélation par l’intermédiaire de l’Eglise nous donne à la fois une connaissance, des moyens et des obligations dont les autres hommes ne disposent pas (ou qu’ils possèdent de manière moins évidente…) Nous avons donc une responsabilité de principe.

Nos comportements effectifs : face à cette obligation il est clair que nous sommes très loin d’accomplir ce que nous devrions faire…

Il n’y a  pas à s’en étonner car nos obligations se situent à un niveau très élevé… (même si élevé qu’il ne comporte aucune limite…)  Il n’y a même pas à le regretter puisque nous sommes des hommes, des hommes tels que Dieu nous a créés… Par contre, nous devons en être conscients et prendre tous les moyens dont nous sommes capables pour nous efforcer de mieux faire…

Comment « mieux faire » ? D’abord cesser de rejeter sur les autres hommes la responsabilité de tout ce qui va mal dans le monde ; ensuite reconnaître que nous en sommes tous responsables et que notre part de culpabilité est encore plus grande que celle des autres hommes ; enfin, rechercher le plus sérieusement possible, le plus concrètement possible, 1°) en quoi nous sommes insuffisants, 2°) ce que nous pouvons faire pour mieux répondre à notre vocation collective. Il s’agit en somme de faire un examen de conscience collectif - et, pour chacun de nous, un examen personnel. (« En quoi sommes-nous insuffisants ? Et en quoi le suis-je moi-même ? Que devons-nous faire désormais ? Et que dois-je faire moi-même ? »

Un tel examen de conscience ne peut être que très long ! Au point, à l’échelle collective, de durer tout au long de l’histoire ; et, à l’échelle individuelle, pendant toute notre vie d’adulte…  (Ce n’est pas une raison pour ne pas le commencer immédiatement ! Mais en sachant bien que, si rigoureuses soient  nos conclusions, nous ne serons jamais allés assez loin dans notre recherche…)

Commençons donc dès maintenant,  non pas le début d’un véritable examen de conscience [lequel impliquerait nécessairement une recherche à la fois longue et très concrète], mais une démarche en vue de voir ce que nous pouvons faire pour plaire à Dieu et servir les hommes…

En quelques lignes, limitons-nous ici à ouvrir «  des pistes de réflexion », en faisant part de quelques impressions, dont il faudra vérifier le bien-fondé  - et, à partir desquelles, en cas de réponse positive, nous aurons à rechercher  la manière d’en désormais tenir compte …

Voici donc, justifiées ou non, mes impressions personnelles :.

  1. nous avons eu le tort d’avoir trop accusé les autres et de ne pas assez nous être accusés nous-mêmes… (autrement dit : de ne pas avoir fait un examen de conscience suffisamment sérieux…) ;
  2. face à une société à la fois très largement répandue et agressivenous nous sommes montrés timorés… » - complexés, même ! - (Autrement dit : nous n’avons pas eu assez confiance à la fois en Dieu et en nous-mêmes…) (C’est une faute infiniment regrettable…) ;
  3. trop peu sûr de nous-mêmes, nous manquons de courage ;
  4. nous avons été très loin d’utiliser tous nos talents (notamment sur le plan de l’intelligence qui nous permet d’avoir une influence sur la culture ambiante…) ;
  5. nous nous sommes le plus souvent comportés à peu près de la même manière que ceux qui ne croient en rien. Nous n’avons donc pas porté témoignage…  (ou du moins, bien sûr, pas assez…)    Comment voudrions-nous alors que les incroyants viennent nos rejoindre ? Pour faire mieux ce que nous ne faisons pas nous-mêmes…  Pour être, eux aussi, des médiocres ? )
  6. et, sans doute, bien sûr, nous n’avons pas assez prié (peut-être d’ailleurs plus pour nos besoins individuels que pour les besoins du monde…)

Dans ce blog, avec nos petits moyens limités (et peut-être avec l’aide de quelques-uns ?), nous essaierons de poursuivre cet examen. Nous le ferons cependant en espérant que la communauté chrétienne  et le plus grand nombre possible de personnes le feront aussi…  Ce, en profitant des avantages de la communauté, donc avec une inspiration supérieure à la nôtre…

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Au terme de cette courte réflexion, conduite, il faut le reconnaître, en des termes surtout rationnels, quels peuvent être, quels doivent être nos sentiments ? Surtout pas ceux d’une culpabilité stérile ! Mais ceux d’un regard lucide et infiniment confiant dans la bonté de Dieu, qui attend beaucoup de nous, mais nous aime, fidèles ou infidèles, tels, que nous sommes…

L’appel de Dieu qui nous est fait et les grâces qu’il nous donne devraient susciter en nous un très grand enthousiasme et, avec lui, une force, une énergie bien plus grandes que celles dont la nature nous a pourvus…  Dieu nous appelle à l’effort, mais aussi au bonheur ! Soyons assez intelligents et généreux pour le comprendre-  et en tenir compte ! À côté de tous les sentiments que nous portons naturellement, vivons dans la conscience et dans la joie.

Le bonheur de Dieu et des hommes – et celui de chacun de nous – dépend de nous-mêmes !

A bientôt !

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