Pour un chrétien, porter témoignage…

Publié le par François Champel

 

Si l’on aime les autres, il est naturel de leur souhaiter du bien - et, si possible, le plus grand bien ! Et, pour cela, lorsque l’occasion se présente, de tirer le maximum des ressources de talents d’intelligence, de cœur, dont on est porteur…

Evidemment, on est très loin de toujours se comporter ainsi ! Mais ce n’est pas une raison pour ne pas réfléchir pour mieux agir à l’avenir…  et, dès maintenant, pour ne pas  nous préparer à faire mieux quand des occasions - peut-être imprévues - se présenteront…

Dans toutes les circonstances, il s’agit, bien sûr, d’écouter son cœur (s’il est porteur d’affection  -  et même s’il comporte des aspects d’hostilité [pour en atténuer les effets regrettables…]) C’est déjà très bien, mais si l’on veut vraiment servir les autres, comment pourrait-on ne pas faire appel à d’autres talents, notamment à ceux de l’intelligence et de la foi dont on est peut-être porteur ?

Pour un chrétien, que peut-on désirer de mieux que d’apporter, selon les circonstances, encouragement, réconfort, ou consolation ? Et, avec cela, si l’on est animé d’une véritable foi, de donner à l’autre l’occasion de découvrir le bien le plus précieux, qu’on puisse lui souhaiter, celui d’un début de la découverte de l’amour de Dieu pour lui ?

Toutefois, pour faire le bien, il faut bien se garder de faire le contraire ! En l’occurrence heurter sensibilité des interlocuteurs. C’est dire qu’il faut faire savoir preuve d’intelligence, de tact, de respect de leur sensibilité et de leur conviction. Il ne faut jamais dire, ne jamais heurter, mais suggérer comme une possibilité de vérité une conviction dont on est personnellement animé… Tout cela dans l’intention non pas de convaincre (ce serait une faute et ce serait stupide !), mais, dans un petit acte d’amour véritable, de servir la liberté souveraine de l’autre. 

Ces précautions ne sont cependant pas suffisantes, car le message que l’on aimerait faire passer ne doit être que l’accompagnateur du témoignage principal qui est celui  d’un amour humain… Je crois qu’on ne peut valablement parler de Dieu que si l’on aime déjà d’une manière très humaine (n’est-ce pas d’ailleurs ce qu’il y a de plus frappant dans la manière dont Jésus parlait de Dieu lorsqu’il se trouvait en présence de la souffrance d’hommes et de femmes de son temps ?)       Cependant nous ne sommes pas Jésus ! Et nous en sommes très loin ! Aussi, pour agir un peu comme lui, est-il nécessaire, par la prière – et par l’examen de conscience - de Lui demander sa grâce…            (On ne sert véritablement le christianisme - et les hommes - que si on le pratique - ou du moins si l’on s’efforce de le pratiquer…)

Certes, les rares témoignages de ce genre sont peu de choses à côté des grands exemples  de charité… mais parfois, quelques mots perdus dans une conversation plus longue, peuvent marquer bien plus que l’on ne pense et peuvent avoir une influence bien plus importante que celle qu’on leur suppose… De plus, si l’on aime Dieu et les hommes, on ne cherche pas à faire de grandes choses, mais à agir simplement en toutes circonstances sans rechercher des effets trop humains…            Pour notre part, faisons le peu que nous pouvons et laissons Dieu - et les autres…– - faire le reste…

 

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Pour illustrer ces considérations d’une manière concrète, je soumets à votre réflexion le texte de deux paragraphes d’une lettre de condoléances adressée à des personnes proches de soi, mais  dont on  ignore s’ils sont croyants ou non…

Pour exprimer avec respect la foi du rédacteur :

« Je ne sais ce que vous pensez vous-même… mais je me permets de vous exprimer ma conviction personnelle : je crois que rien n’est perdu de la personnalité que votre père s’est construite au cours de sa vie et qu’il vit encore auprès de Dieu. Je m’en réjouis pour lui (comme je m’en réjouis pour […]). D’autant plus que j’espère que nous nous retrouverons tous avec lui dans l’au-delà.         En attendant j’adresse à Dieu une prière pour lui et pour vous. »

Pour témoigner avec sincérité et modestie du respect des opinions possibles de l’interlocuteur, le précédent paragraphe est suivi d’un autre, ainsi rédigé :

« Quoiqu’il en soit, ce qui est totalement certain, c’est que l’œuvre de votre père - exemple et affection - continue de vivre secrètement au fond de chacun de vous et que vous êtes toujours liés à lui par un lien caché qui demeurera toujours… »

Pour exprimer l’affection dans le cas particulier, à côté de deux ou trois autres paragraphes :

Je ne dirais que quelques mots de votre père. […] et moi, nous avions une très grande estime pour ses qualités professionnelles - techniques et humaines  - de médecin,  et nous appréciions son honnêteté intellectuelle et son sens du service. Notre amitié était fondée à la fois sur la sympathie et sur l’estime.

Aussi, au-delà de votre douleur, sachez apprécier ce lien familial qui représente quand même un réconfort encourageant.

Je pense bien à vous.

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