Le cycle de la prière…

Publié le par François Champel

 

Pour les incroyants - encore plus que pour les croyants… –   la prière reste un mystère incompréhensible… Aussi, ne va-t-on pas essayer ici de faire comprendre ici ce qu’elle est ! mais proposer seulement un schéma de référence destiné à la rendre un peu moins mystérieuse… et, par là, peut-être, à permettre à quelques-uns de commencer la démarche d’une prière qu’ils aimeraient bien essayer de faire, mais à laquelle ils renoncent parce qu’ils ne connaissent pas l’ABC de la manière dont ils pourraient s’y prendre…

il s’agit donc d’un schéma,… c’est-à-dire d’une description intellectuelle, très froide, d’une réalité qui, par elle-même,  est au contraire extrêmement vivante (d’autant plus que c’est celle qu’ont pratiquée - et pratiquent encore -  des centaines de millions d’hommes très différents à travers les siècles et le vaste monde …) Aussi, quand vous aurez lu et compris ce schéma, vous ne connaîtrez absolument rien de la prière… mais vous aurez fait la connaissance d’un outil, dont vous pourrez peut-être un jour vous servir pour faire un premier essai en fonction de vos intuitions et de vos désirs…

Voici donc le schéma proposé pour des gens qui n’ont aucune idée de ce qu’est la prière (et même, sans doute ! pour  beaucoup de chrétiens pratiquants…)  Il se présente sous la forme d’un cycle - un cycle à la fois logique et réel…

A l’intention de ceux qui seraient tentés d’entrer dans ce cycle, tel qu’il est présenté ici, il est précisé que, le point de départ n’est pas obligé… Ainsi on peut ne pas s’adresser à  Marie (qu’en réalité on ne « prie » pas…) ; on peut se tourner directement vers Dieu le Père, ou vers l’Esprit-saint… Mieux que cela, même si l’on désire adhérer à la famille « chrétienne », il n’est pas nécessaire de croire en la réalité de tous les acteurs mentionnés - ou en l’importance de leur rôle …  - notamment Marie et même l’Eglise (D’ailleurs, on retrouve là, plus ou moins la position des « protestants » - qui sont bien des chrétiens…) On peut aller plus loin en accordant une importance réduite ou nulle  à Jésus-Christ ou en niant la distinction entre les trois personnes de la Trinité  (le Père le Fils - Jésus-Christ - et le Saint- Esprit (mais alors on n’est plus chrétien… mais peut-être alors juif ou musulman…) ; on peut enfin nier l’existence de Dieu : on est alors « incroyant » …

 Aux yeux des chrétiens, aucune croyance n’est obligatoire, puisqu’en créant l’homme, Dieu a voulu qu’ils soient libres… A leurs yeux, également, il n’est pas possible de juger les personnes en fonction de leurs croyances - ou de leur incroyance… (Ainsi - simple évidence - ils sont bien conscients qu’un incroyant, qui pratique le bien peut être plus proche de Dieu qu’un croyant convaincu - Chose qui ne veut pas du tout dire que toutes les croyances se valent ! Toutes ne se valent pas ! mais nul ne peut raisonnablement dire quelle est celle qui est  la plus proche de la  Vérité ou la plus favorable à l’accomplissement de notre démarche en vue d’assurer notre épanouissement  - ou notre bonheur(On reconnaît d’ailleurs là une attitude que certains appelleraient  - à tort - «la tolérance », mais qui est en réalité bien plus que cela, puisqu’il ne s’agit pas d’une concession nécessaire pour « le vivre ensemble » [en fait souvent empreinte d’un certain dédain…] mais de l’attitude d’un immense respect à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme soi…) Avec de telles précisions, tous les lecteurs quels qu’ils soient peuvent  - à juste titre – se sentir à l’aise… (il n’y a pas les croyants d’un côté et les incroyants de l’autre, il n’y a que des hommes !)

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Le schéma proposé correspond à l’analyse la plus développée … Saur erreur de ma part (je ne suis pas théologien !) elle est conforme à la doctrine de l’Eglise catholique.

  1. La vierge Marie, mère de Jésus-Christ, personnage d’une exceptionnelle sainteté – exerçant un  rôle de charnière entre Dieu et les hommes  - nous donne le Christ ;   
  2. le Christ se livre et nous conduit vers son « Père » (qui est aussi le père de toute l’humanité)
  3. le Christ et le Père , ensemble, par leur amour fécondant, suscitent l’Esprit-Saint ;
  4. l’Esprit-Saint, dans une attitude permanente d’amour, éclaire à l’Eglise ;
  5. l’Eglise (« mater et magistra ») et l’Esprit Saint,  unis, inspirent les hommes ( la première en leur indiquant le vrai sens de leur vie, le second, en leur donnant une lumière une lumière plus intense et surtout sa force...). Porteurs l’un et autre (l’un avec l’autre ) d’un message d’amour et de confiance, ils invitent les hommes à s’introduire dans le cycle d’amour vécu par la Trinité (rien moins que cela !) ;
  6. les hommes ainsi  invités acceptent…  ou refusent l’invitation… ou la refusent plus ou moins (« Plus ou moins » parce que, ne croyant pas en Dieu, ils ne peuvent la considérer comme une invitation, sans que cela ne les empêche  pour autant  d’écouter le message reçu, qu’ils considèrent alors, non pas un message venu de Dieu, mais  comme une voix venue du fond de leur conscience personnelle  - ou de la conscience collective… -)            Ceux qui acceptent l’invitation  entrent dans le cycle ainsi décrit (qui n’est plus alors simplement celui de Dieu, mais celui de Dieu et des hommes) et se tournent vers Marie

Ainsi le cycle est bouclé ! Il peut recommencer à fonctionner…   A fonctionner indéfiniment par l’action de tous les croyants de toutes les époques et de tous les pays… (Ce, bien sûr, grâce aussi et surtout à l’influence de Dieu…)

Cependant il n’est bouclé que par ceux qui acceptent d’y entrer... Ceux qui la refusent n’y entrent pas  (ou en sortent…) Pour ceux-là, le cycle est repoussé (ou  rompu).

On ne s’adresse pas à Marie et  aux trois personnes de la Trinité de la même manièreOn ne prie pas Marie - qui à elle seule n’a pas de pouvoir… on lui demande de prier pour nous  - pour nos besoins en tant que personnes particulières, ou pour un groupe humain qui en a besoin ; on prie Dieu le Père surtout pour  louer sa puissance, sa beauté et surtout son amour, et pour lui dire notre désir - désir que l’on lui demande d’accroître…  - de voir son règne s’étendre sur la terre ; on prie l’Esprit-Saint pour lui demander d’éclairer nos intelligences et nous a donner la force de mieux vivre selon le désir de Dieu… Quant au Christ, on l’adore dans le Saint-Sacrement exposé parfois dans les églises, ou encore dans l’intimité de nos méditations personnelles. Surtout, par le sacrement de l’eucharistie, on se livre à lui pour qu’il vienne nous habiter  (ou plutôt c’est lui qui se livre à nous !) (Saint-Paul disait :  « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi »)

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Ce  schéma peut être écrit  de manière simplifiée, en 3 ou 4 lignes :   1 - Marie   >>> Jésus  2 - Jésus-Christ  >>>   Dieu le Père     3 -  Jésus-Christ  et Dieu le Père    >>>  l’Esprit-Saint      4 - L’Esprit Saint >>>> l’Eglise        5 L’Esprit-saint et l’Eglise   >>> les hommes ;   6 – les hommes >>> Marie .  (Le cycle est ainsi bouclé…)

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Dans ce schéma, il y a Dieu et les hommes… et entre eux, se trouve le Christ, à la fois homme et Dieu,  qui, par son incarnation, par sa vie, par sa mort librement acceptée et offerte , par sa résurrection , et par sa présence dans l’eucharistie [la messe] - continue indéfiniment au cours de l’histoire des hommes à s’intéresser directement à eux  - et à chacun de nous. Il représente pour nous le rôle  essentiel de charnière entre les hommes et la totalité de Dieu

Ainsi, les hommes ont un Père – Dieu le Père, le créateur de l’univers et de l’homme (celui qu’on prie dans » le Notre-Père » ); ils ont un frère toujours présent parmi eux, jésus ; ils ont une mère : Marie (« mère du Christ et mère des hommes ») ; ils ont un conseiller et un allié : l’Esprit-Saint…

Peut-on rêver une représentation plus belle et plus réconfortante de la spiritualité humaine et de ses possibilités ? C’est difficilement contestable… Par contre, ce qui l’est, c’est la vérité - ou la fausseté - de la représentation ainsi formuléeDieu existe… ou n’existe pas… Nul ne peut le dire… mais, par un acte lucide et libre, par un acte véritablement créateur - qui fait notre dignité - on peut choisir de croire en Dieu - ou de nier son existence…

Comment opère-t-on ce choix ? Pour ceux que ça intéresse, on en discutera dans un prochain article.

A bientôt !

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