Qui suis-je?

Publié par François Champel

J’ai 82 ans. Très sensible à l’état de notre civilisation occidentale en ce début du XXIe siècle, autant j’éprouve des sentiments d’estime et de confiance à l’égard de l’ensemble des gens ordinaires (fondée sur ma croyance en Dieu) , autant j’ai  de méfiance à l’endroit de nos « élites », responsables d’une diffusion dans l’opinion publique de conceptions à mon avis profondément erronées et délétères sur l’homme et la société, qui font le malheur de tout le monde. Mon sentiment se trouve fondé à la fois sur l’affection naturelle - commune à tout le monde… – que j’aie pour les hommes, sur l’observation des évidences biologiques et sociales et sur ma foi religieuse, qui me fait voir l’homme et la société comme le terrain permanent d’un combat entre le Bien et le Mal impliquant les hommes et Dieu lui-même.

Dans ces conditions, on comprend que mon approche des problèmes sociaux est à la fois de nature philosophique (avec une certaine proximité des thèses de penseurs aussi différents que Rousseau et Marx…) et de nature religieuse.

Lorsque - comme beaucoup – on se trouve habité par ce sentiment, que faire ? On a trois solutions simples possibles : se lamenter sans rien faire, agir à toute petite échelle autour de soi, prier Dieu pour lui demander qu’il vienne agir dans notre monde… La première ne brille pas particulièrement par son courage, les suivantes sont mieux… ou nettement mieux… mais, pour un chrétien, pourquoi ne pas faire appel à deux de ses leviers : prier et agir ? N’est-ce pas ce que nous demande l’Évangile ?           Très bien ! Mais comment peut-on agir ?          Il n’y a évidemment aucune recette applicable par tous et c’est à chaque personne de choisir en fonction de son tempérament et de sa situation.

Cette question se pose évidemment à moi-même… Voici - à tort ou à raison - la réponse que je lui donne : je dispose de temps libre, j’aime beaucoup réfléchir, j’aime écrire (et, en plus, ça me maintient en bon état psychique…), je crois en la puissance de la prière… alors que faire ? Sinon écrire et prier ? Et mieux que cela [évocateur d’une  juxtaposition ou d’une addition...] ne faut-il unir ces deux activités en une seule, l’écriture - perdant toute notre autonomie – devenant alors la traduction de la prière ? (Sans croire pour cela que l’on soit amené à ne dire que des vérités ! Mais en espérant seulement avoir la chance de d’émettre des points de vue utiles à méditer…)

Bien ! (du moins je le crois !), Mais moi qui ne suis ni philosophe, ni théologien, ni historien, ni sociologue…  faudrait-il encore ne pas commettre une erreur et faire le mal… Et bien, pour éviter ce risque, comme tous les autres d’ailleurs - et encore plus que tout le monde… - je dois toujours me garder de présenter mes idées comme des vérités ! Et reconnaître que j’ai à écouter le point de vue de Jean beaucoup plus savant que moi… ( Voilà ce que je pense ! C’est juste… ou c’est faux… C’est à chaque lecteur qu’il appartient d’en décider…)

Pourtant qu’on ne s’y trompe pas : à mon avis, ce serait une profonde erreur d’adopter en permanence un style qui traduise uniquement cette prudence (une attitude «  mi-chèvre, mi-choux » !). Il doit traduire tout autant la vigueur des convictions personnelles (« peut-être ai-je tort… mais voilà ma conviction très profonde. Au risque peut-être de vous heurter – voilà, comme si c’était une évidence,  ce que j’ai le culot de vous dire ! À vous de juger, mais, juste ou fausse, la vigueur de mon interpellation ne pourra que vous faire du bien ! )

Il vaut mieux affirmer une idée fausse que de ne rien dire du tout… Il vaut mieux se tromper en s’exprimant avec vigueur que d’employer un langage faussement modeste qui n’interpelle personne et ne sert à rien ! Nous sommes des gens intelligents (du moins on l’espère…), mais nous sommes aussi et surtout des hommes - et si possible des hommes vigoureux ! Qui savent s’engager).

Voilà quelles sont les idées qui permettent de comprendre l’esprit et le style de ce blog.

Je viens d’exprimer là les convictions du chrétien particulier que je suis - ou que je veux être… – mais je serais fou de prétendre être « un bon chrétien ». Je ne suis qu’un chrétien lambda ! (peut-être un peu original… mais pas meilleur que les autres - d’autant plus que l’originalité  est infiniment plus facile que la pratique des immenses vertus de beaucoup de chrétiens et de beaucoup d’hommes.  Il y a certainement bien mieux ! Mais ce n’est déjà pas si mal… parce que, de toute façon, je sais que Dieu comprend et pardonne, qu’il aime infiniment et donne à chacun de ses enfants une valeur infinie.) Vraiment le christianisme est - ou pourrait, ou devrait être… - une école d’intelligence, de courage, d’espoir, d’espérance, de confiance, de sérénité et de joie. Pourquoi, parmi nos contemporains et tout au cours de l’histoire, si peu d’hommes - à part les grands mystiques, comme, par exemple, François d’Assise – l’ont compris ? Dieu le sait !

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